Dans ce guide
Percer la face change plusieurs choses
Les trous d’une pala retirent de la matière et ouvrent des passages à travers sa face. Cela concerne son déplacement avant la frappe, puis sa réponse au choc. Le règlement encadre aussi ces perforations. Répondre seulement « pour laisser passer l’air » oublie une partie du problème.
Séparons trois questions : quelle résistance l’air oppose-t-il ? Quelle répartition de matière la main met-elle en rotation ? Comment la raquette réagit-elle à la balle ? Ces questions demandent des mesures différentes. Un avantage sur l’une ne prouve pas un meilleur résultat sur les autres.
Source : FIP : règlement applicable au 1er janvier 2026, raquette, page 9 ↗
Ce que le règlement demande
Le règlement FIP applicable au 1er janvier 2026 décrit des trous cylindriques de 9 à 13 mm dans la zone centrale, en nombre non limité. Dans une bande de 4 cm maximum depuis le bord, ils peuvent être plus grands ou d’une autre forme, sans dépasser 20 mm et sans changer l’essence du jeu.
Cette clause ne chiffre aucun minimum et n’impose pas une grille. Les plafonds sont 45,5 cm de longueur totale, 26 cm de largeur et 38 mm d’épaisseur pour la tête. Respecter ces dimensions ne démontre pas un avantage de jeu.
Source : FIP : règlement applicable au 1er janvier 2026, raquette, page 9 ↗
Ce qui se passe dans l’air
Face au courant, l’air contourne la tête ou traverse les perforations. Derrière se forme un sillage. Ces passages peuvent changer l’écoulement, pas seulement la surface restante.
La traînée dépend de l’air, de la vitesse, d’une aire de référence et d’un coefficient lié notamment à la forme et à l’orientation. Retirer 10 % de surface ne signifie pas 10 % de résistance en moins. Une face perpendiculaire au courant et une raquette inclinée posent des problèmes différents.
Source : NASA Glenn : relation de traînée, aire de référence et orientation ↗ · Huera-Huarte : Some observations on the flow physics of paddle racquets, 2014 ↗
Ce que l’expérience de 2014 a mesuré
Francisco Huera-Huarte a étudié un modèle rigide dans un canal d’eau, face perpendiculaire au courant. Publié dans un volume de 2014, le travail mesure les forces et visualise le sillage. Ce montage n’est ni une soufflerie ni un swing.
Les écarts de traînée restent petits. Les motifs périphériques testés donnent les valeurs minimales, avec une réduction annoncée jusqu’à 10 % selon la répartition. L’emplacement compte dans cette expérience. Elle ne teste ni vitesse de frappe, ni confort, ni rigidité ou durabilité.
Source : Huera-Huarte : Some observations on the flow physics of paddle racquets, 2014 ↗
Moins de matière ne suffit pas à décrire la maniabilité
Percer enlève de la matière dans une construction donnée. Deux modèles différents ajoutent toutefois les effets de leur mousse, de leurs fibres, du cadre et des accessoires. Une face moins percée peut être associée à une construction plus légère ailleurs. Le nombre de trous ne prédit pas la masse complète.
La masse ne suffit pas davantage à décrire la maniabilité. En 2022, une étude a mesuré l’inertie de 137 raquettes et exploré un indice auprès de 50 utilisateurs. L’inertie décrit la résistance à la rotation : la position de la matière par rapport à l’axe compte. Pensez à une charge tenue près de la main, puis loin d’elle.
Source : Blanes et al. : propriétés d’inertie et maniabilité des palas, 2022 ↗
Les trous ne dessinent pas seuls le sweet spot
Le sweet spot désigne une zone favorable à la frappe, mais selon quelle mesure : vibrations ressenties, réponse régulière ou rebond ? Dessiner un cercle sur une photo de trous ne mesure aucun de ces comportements.
En 2023, une étude de 225 raquettes a localisé un minimum de vibration par des impacts robotisés sur la ligne centrale. Elle souligne la difficulté de prévoir ce résultat avec des objets mêlant matériaux, perforations et structure. Elle n’isole pas les trous. Pour démontrer qu’un motif agrandit cette zone, il faudrait comparer des constructions contrôlées et répéter les impacts.
Source : Blanes et al. : sweet spot mesuré par impacts robotisés, 2023 ↗
Ce que vous pouvez comparer sur la piste
HEAD commercialise une collection à un seul trou et revendique une meilleure résistance et un sweet spot élargi. Cela documente un choix de conception ; la présentation du fabricant ne fournit pas un essai indépendant de ces bénéfices.
Comparez deux références exactes avec une prise et des accessoires comparables. Alternez les mêmes échanges après vitre et les mêmes volées successives. Notez une observation concrète : « je replace plus facilement la raquette avant la deuxième balle ». Le résultat concerne votre geste et ces modèles.
Demandez au coach ce qu’il voit dans votre préparation et votre régularité. Votre essai aide à choisir une pala complète. Pour attribuer une différence aux trous eux-mêmes, il faudrait un protocole de laboratoire qui contrôle les autres changements de construction.
Source : HEAD : collection ONE, conception et revendications du fabricant ↗
Vos questions.
La FIP impose-t-elle une grille de trous ?
Cette clause ne prescrit ni grille ni minimum chiffré.
Plus de trous signifie-t-il un swing plus rapide ?
Le nombre seul ne le démontre pas. Il faudrait mesurer le geste avec des raquettes comparables.
Un seul trou rend-il forcément la raquette plus lourde ?
Non. La masse dépend de toute la construction et des accessoires.
Les trous suffisent-ils à repérer le sweet spot ?
Non. Il faut définir le comportement recherché et le mesurer.
Les sources de ce guide.
- FIP : règlement applicable au 1er janvier 2026, raquette, page 9 ↗
- NASA Glenn : relation de traînée, aire de référence et orientation ↗
- Huera-Huarte : Some observations on the flow physics of paddle racquets, 2014 ↗
- Blanes et al. : propriétés d’inertie et maniabilité des palas, 2022 ↗
- Blanes et al. : sweet spot mesuré par impacts robotisés, 2023 ↗
- HEAD : collection ONE, conception et revendications du fabricant ↗